Cyclamen : la fleur à l’envers, deux plantes sous un seul nom

Un bouton de cyclamen pointe vers le sol, fermé, enroulé serré, tourné vers la terre. Puis il s’ouvre, et les cinq pétales basculent vers le haut, se vrillent, remontent au-dessus de leur propre point d’attache. La fleur est montée à l’envers : l’extrémité de la tige se replie pour que la corolle regarde le sol, et ce sont les pétales qui se retournent vers le ciel. Ce n’est pas une bizarrerie ornementale, c’est le début d’une mécanique qui va jusqu’au bout. Chez la plupart des espèces du genre, une fois la fleur fécondée, la tige s’enroule en ressort et redescend poser la capsule à même la terre. Le cyclamen des fleuristes, celui qu’on achète en pot à l’automne, est précisément l’une des rares exceptions.

Fleurs de cyclamen rose vif aux pétales relevés, dressées au-dessus d’un feuillage marbré
Le coude visible sous chaque fleur n’est pas un accident de croissance : l’extrémité du pédoncule se replie pour que la corolle regarde le sol, et ce sont les pétales qui remontent.
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Carte d’identité

Nom botaniqueCyclamen persicum Mill. pour le cyclamen des fleuristes ; genre Cyclamen L.
FamillePrimulacées. Le genre a été classé en Myrsinacées entre 2003 et 2009.
Noms françaisCyclamen de Perse, cyclamen des fleuristes ; pain de pourceau pour les sauvages.
OrigineAlgérie, Tunisie, Chypre, îles grecques, Turquie, Levant. Pas la Perse.
Ce que porte la fleurCinq pétales réfléchis vers le haut, sur une corolle tournée vers le sol.
ParfumTrès marqué chez l’espèce sauvage, inégal selon les cultivars à grandes fleurs.
Durée de floraisonDe quatre semaines à trois mois selon les sources, et surtout selon la température.
RusticitéC. persicum gélif ; C. coum et C. hederifolium rustiques au jardin.
Organe de réserveUn tubercule, pas un bulbe : une masse pleine, sans écailles.
Le défautLe cœur pourrit dès qu’on arrose par-dessus, et la plante s’effondre.
Confusion fréquenteAvec les cyclamens rustiques de jardin, qui portent le même nom.
ToxicitéSaponines triterpéniques concentrées dans le tubercule. Toxique pour le chien et le chat.

La fleur est montée à l’envers, au sens propre

Chaque fleur est portée par un pédoncule long et nu qui monte droit depuis le tubercule, puis se coude à son extrémité, presque à angle plat : l’ouverture de la corolle regarde le sol. Les cinq lobes, eux, sont réfléchis, rabattus vers le haut, parfois tordus sur eux-mêmes.

Le service horticole de l’université de Pennsylvanie décrit l’étape d’avant : le bouton pointe vers le sol, enroulé serré, et s’ouvre en réfléchissant ses cinq pétales vers le haut. La fleur ne se redresse donc jamais : elle reste tête en bas, et seuls les pétales changent de direction.

La conséquence est mécanique. Les organes sexuels, groupés en cône au centre, se retrouvent sous un auvent de pétales : la pluie n’entre pas, le pollen reste sec, un insecte doit venir par en dessous. C’est un bon cas d’école pour comprendre comment s’agencent les pièces d’une fleur quand on cesse de la regarder de face.

Ces cinq pièces sont les lobes d’une corolle soudée en un court tube, comme chez les primevères, ses cousines ; le muflier pousse la même architecture jusqu’à une fleur presque fermée.

Après la fleur, la tige se met en ressort

Une fois la fleur fécondée, la tige ne sèche pas debout : elle s’enroule sur elle-même, tour après tour, comme un ressort à boudin, et redescend la capsule jusqu’au niveau du sol. La graine mûrit couchée dans la litière.

La Cyclamen Society traite ce caractère comme un critère de classification, pas comme une curiosité. Chez la grande majorité des espèces, l’enroulement part de l’extrémité, du côté de la fleur. Deux groupes font exception : celui de Cyclamen graecum, qui s’enroule depuis le milieu ou depuis la base de la tige, et le sous-genre Persicum, qui ne s’enroule pas du tout — sa tige s’arque vers l’extérieur puis vers le bas, sans jamais former de spire.

L’exception concerne exactement la plante qu’on achète. Le cyclamen des fleuristes est le seul que beaucoup de gens verront de leur vie, et c’est celui qui ne fait pas le geste pour lequel le genre est connu : sa tige se couche vers la périphérie du pot et y dépose la capsule.

Cette spirale-là est une torsion de croissance, sans rapport avec le point de spirale du bouquet rond.

Les fourmis finissent le semis

Poser la capsule au sol n’a de sens que si quelqu’un vient chercher les graines. Elle s’ouvre en valves une fois à terre et libère des graines munies d’un revêtement charnu, sucré et collant. Les fourmis les emportent, mangent ce revêtement, puis abandonnent la graine intacte loin du pied mère.

Ce mode de dispersion s’appelle la myrmécochorie, et il explique la façon dont les cyclamens rustiques colonisent un sous-bois : non par cercles réguliers, mais par taches irrégulières, là où passent les fourmis. Le terme mérite sa place dans un glossaire de vocabulaire végétal.

Les sources ne décrivent pas ce revêtement de la même manière : les unes parlent d’un enrobage sucré et gluant, les autres d’un élaïosome au sens strict, riche en lipides et en protéines, comparable à celui des violettes.

Feuillage de cyclamen à marbrures argentées en forme de cœur, une fleur rose émerge au premier plan
Le feuillage se juge autant que la fleur : c’est en l’écartant, au centre du pot, qu’on compte les boutons encore fermés, seul indice sérieux de la floraison à venir.

Deux plantes très différentes portent le même nom

Le mot cyclamen recouvre deux réalités horticoles sans geste commun. D’un côté Cyclamen persicum et ses hybrides, sélectionnés depuis le dix-neuvième siècle en Angleterre, en Allemagne et aux Pays-Bas, produits en serre. De l’autre les espèces de plein air, dont deux dominent les jardins : Cyclamen hederifolium, le cyclamen de Naples, et Cyclamen coum.

La différence n’est pas de variété mais d’espèce, et elle porte sur ce qui compte : la date de floraison et la résistance au gel. On peut donc avoir raison en disant que le cyclamen fleurit en automne et en disant qu’il fleurit en plein hiver ; ce n’est pas la même plante.

EspèceFloraisonFroidOù on la rencontre
Cyclamen persicumAutomne à fin d’hiver en cultureGélifPot fleuri, d’octobre à février, partout
Cyclamen hederifoliumAoût à octobre, fleurs avant les feuillesRustique, classé H5 par la Royal Horticultural SocietyGodets et tubercules
Cyclamen coumDécembre à avril, à la fonte des neigesRustique, au moins jusqu’à −10 °C en sol drainéGodets, en pépinière

La culture est longue : seize à dix-sept mois du semis au pot vendable, selon la Société nationale d’horticulture de France. Le chiffre remet en perspective le prix d’un pot et rejoint ce qu’on observe sur la manière dont les végétaux d’ornement arrivent jusqu’aux étals.

À la Toussaint, c’est le plus fragile qui est sur les étals

La conséquence se joue chaque année début novembre. À cette date, les deux camps sont en fleur : C. hederifolium termine sa floraison au jardin, C. persicum arrive en pleine production. Mais un seul est présent en masse sur les étals, en pot, prêt à être posé sur une tombe : le gélif.

La suite est prévisible : le pot est acheté fleuri, laissé dehors, et disparaît à la première vraie gelée. Le chrysanthème, lui, encaisse. C’est une des raisons pour lesquelles il a pris cette place dans la tradition française, sujet que traite la fiche sur l’histoire de la fleur de la Toussaint.

Deux voies pour qui tient au cyclamen à cette période. Soit on l’assume comme une plante d’intérieur. Soit on plante à l’automne des tubercules de C. hederifolium, qui fleuriront l’année suivante à la même date sans rien craindre du gel. Une jardinière montée avec des pensées et des cyclamens rustiques tient tout l’hiver ; la même montée en cyclamens de Perse tient jusqu’à la première nuit à zéro.

Le nom se trompe deux fois

Première erreur, l’épithète. Persicum renvoie à la Perse, et la plante n’y pousse pas. Selon Plants of the World Online, la base botanique du jardin botanique royal de Kew, son aire naturelle va de l’Algérie à la Méditerranée orientale : Maghreb, Chypre, Crète, Rhodes, Turquie, Levant. La Cyclamen Society donne la même liste, et ni l’une ni l’autre ne mentionne l’Iran — quand des fiches de vente françaises situent encore l’espèce en Europe centrale.

Deuxième erreur, la famille. Longtemps rangé chez les Primulacées, le genre en a été sorti au début des années 2000 pour rejoindre les Myrsinacées, puis y est revenu en 2009, quand la classification phylogénétique a fusionné les Myrsinacées dans les Primulacées au rang de sous-famille des Myrsinoïdées. Kew et la Royal Horticultural Society écrivent aujourd’hui Primulacées. Les ouvrages parus dans l’intervalle disent Myrsinacées, et ils n’ont pas tort : ils appliquent la classification en vigueur à leur date.

Le nom de genre, lui, est cohérent : il vient du grec désignant le cercle ou la roue, en référence au tubercule arrondi et aplati. Le nom populaire français, pain de pourceau, tient à la même pièce — cochons et sangliers déterrent et mangent les tubercules, ce que l’anglais sowbread dit de la même façon.

Le tubercule ne s’enterre pas jusqu’en haut

Le cyclamen ne pousse pas sur un bulbe mais sur un tubercule : une masse pleine issue de l’hypocotyle, sans écailles ni tuniques, qui ne se divise pas et ne produit pas de caïeux. Il grossit chaque année, atteint quinze centimètres chez C. persicum, et vit plusieurs décennies.

Ce tubercule a une polarité, variable selon l’espèce. Chez C. persicum, les racines sortent de toute la face inférieure ; chez C. coum, du centre du dessous ; chez C. hederifolium, principalement des flancs, le dessous restant à peu près nu. Dans le doute, on cherche la face légèrement concave et les cicatrices de vieilles tiges : elles marquent le dessus.

Pour la plante en pot, la règle tient en une phrase : le sommet du tubercule reste dehors. Le jardin botanique de New York conseille de l’enterrer à mi-hauteur au rempotage, le service horticole de l’université d’État de l’Iowa écrit que le sommet doit affleurer au-dessus du terreau. Un tubercule entièrement enfoui reçoit l’eau d’arrosage en plein sur son bourgeon central, et c’est de là que part la pourriture.

On arrose par le bas, sinon le cœur pourrit

C’est le geste qui décide de tout, et celui qu’on rate en croyant bien faire. L’eau versée au centre de la touffe stagne à l’aisselle des pétioles, sur le sommet du tubercule, dans une zone couverte de feuilles qui ne sèche jamais. Une pourriture s’y installe, les pétioles noircissent à leur base, la plante s’affaisse d’un coup, et il n’y a plus rien à faire.

  • Poser le pot dans une bassine d’eau à température de la pièce, sur un quart de sa hauteur.
  • Laisser boire un quart d’heure, pas davantage.
  • Le sortir et le laisser s’égoutter complètement.
  • Vider la coupelle : un pot qui trempe en permanence pourrit par le bas.
  • Attendre que la surface du terreau soit sèche au toucher avant de recommencer.
  • À défaut, verser au goulot contre la paroi du pot, jamais au centre.

L’eau doit être à température de la pièce : une eau froide sortie du robinet marque le feuillage. Et l’excès de zèle se voit tôt, à la base des pétioles, avant que la plante ne bascule.

Le rythme ne se fixe pas au calendrier : il dépend de la température de la pièce. Un cyclamen tenu au frais boit peu ; tenu à vingt degrés, il boit beaucoup, fane vite et meurt tout de même. C’est un cas concret de ce qui se joue quand on cherche pourquoi une fleur fane : la cause est en amont du symptôme.

Un salon chauffé tue un cyclamen

C’est le point le plus contre-intuitif de la plante. Le cyclamen des fleuristes est vendu au moment où l’on monte le chauffage, et il demande l’inverse. Le service horticole de l’université Clemson donne seize à dix-huit degrés le jour et environ dix la nuit ; le jardin botanique de New York descend plus bas encore. Clemson précise le seuil : au-delà de vingt et un degrés, les boutons cessent de se développer.

SituationTempératureCe qui se passe
Journée, en pleine floraison12 à 18 °CLes fleurs durent, les boutons montent
Nuit10 à 13 °CCondition d’une floraison longue
Pièce chaufféeau-delà de 21 °CLes boutons n’arrivent plus à terme
Repos estivalautour de 10 °C, au secLe tubercule se conserve

En pratique : une entrée non chauffée, une véranda, un rebord de fenêtre derrière un rideau. Pas le salon, pas le dessus d’un radiateur. La lumière doit être vive mais indirecte. C’est ce qui distingue le cyclamen d’autres plantes fleuries d’automne comme le kalanchoé, qui s’accommode très bien d’un intérieur chaud.

Un pot qui jaunit et dont les fleurs retombent en une semaine dans une pièce à vingt-deux degrés n’est ni malade ni mal arrosé : il est au mauvais endroit. Le déplacer suffit souvent, avant que les pétioles ne mollissent.

L’été, la plante disparaît, et c’est normal

À deux espèces près, à feuillage persistant, tous les cyclamens marquent un repos estival. Le feuillage jaunit, se couche, sèche et disparaît ; il ne reste qu’un tubercule nu dans un pot d’apparence vide. C’est le cycle méditerranéen dans sa forme la plus lisible : la plante travaille pendant les pluies et s’efface pendant la sécheresse. Beaucoup de pots sont jetés à ce moment-là.

La conduite est simple. On réduit les arrosages dès que les feuilles jaunissent, jusqu’à les arrêter ; on retire le feuillage sec ; on range le pot au sec, au frais et à l’ombre. La durée annoncée varie selon les sources, de six à huit semaines à deux ou trois mois.

À la reprise, en fin d’été, on rempote dans un terreau neuf et drainant, tubercule à mi-hauteur, sommet dehors, puis on arrose doucement par le bas et on remet à la lumière quand les premières feuilles pointent. La plante refleurit, avec des fleurs souvent moins nombreuses : la lumière d’une maison n’a rien de commun avec celle d’une serre.

Les cyclamens rustiques se plantent en fin d’été

Les deux espèces de jardin se conduisent à l’identique et ne demandent, une fois installées, à peu près rien. Elles se plantent en fin d’été, quand leur cycle reprend, en même temps que les bulbes que l’on met en terre à cette saison.

Un tubercule sec acheté en sachet reprend mal : on préfère un godet en végétation, plus cher et beaucoup plus sûr. Une fois pris, le pied ne se déplace plus.

  • Mi-ombre, sous des arbustes caducs : elles fleurissent avant que le feuillage du dessus ne les prive de lumière.
  • Sol bien drainé : l’humidité stagnante en été fait pourrir le tubercule plus sûrement que le froid.
  • Plantation peu profonde : trois à cinq centimètres selon la Royal Horticultural Society, plutôt deux selon la Cyclamen Society. Trop profond signifie pas de fleurs.
  • Un paillage léger de feuilles mortes à l’automne, renouvelé chaque année.
  • Aucune division : le tubercule ne se sépare pas, et les fourmis se chargent du semis.

Le feuillage marbré de C. hederifolium arrive après les fleurs et reste en place tout l’hiver, ce qui en fait un couvre-sol utile. L’anémone partage cette manière de tout jouer sur un organe souterrain et de disparaître hors saison.

Le tubercule est toxique pour le chien et le chat

Le cyclamen contient des saponines triterpéniques, dont la cyclamine, concentrées dans le tubercule et les racines bien plus que dans les feuilles. Le centre antipoison animal de l’ASPCA classe le genre parmi les plantes toxiques pour le chien, le chat et le cheval : hypersalivation, vomissements et diarrhée après ingestion de parties aériennes ; troubles du rythme cardiaque, convulsions et décès en cas d’ingestion importante de tubercule. Le service horticole de l’université d’État de Caroline du Nord décrit les mêmes signes, en classant la gravité globale comme faible.

Ce n’est pas une contradiction : un chat qui mordille une feuille et un chien qui déterre un tubercule ne courent pas le même risque. C’est le tubercule qui est dangereux, et il est justement accessible sur une plante en pot posée à hauteur d’animal. Un pot hors de portée règle la question mieux qu’une surveillance.

Le contact répété avec la sève peut aussi irriter la peau des personnes sensibles : des gants au rempotage sont raisonnables. Si un animal a ingéré une partie de la plante, la seule conduite correcte est d’appeler un vétérinaire ou un centre antipoison animal sans attendre les signes ; rien de ce qui est écrit ici ne remplace cet avis. La question dépasse le cyclamen : elle se pose pour le lys, d’un tout autre ordre de gravité chez le chat.

Ce qu’on regarde avant de prendre un pot

Un cyclamen s’achète sur ses boutons, pas sur ses fleurs ouvertes. En écartant le feuillage, on doit voir au centre du pot une réserve de tiges courtes portant des boutons fermés ; un pot très fleuri mais vide au centre a déjà donné ce qu’il avait. C’est le raisonnement qu’on applique devant une rose dont on juge le stade d’ouverture, transposé à une plante entière.

On regarde ensuite la base des pétioles, à la surface du terreau : elle doit être ferme et sèche. Toute zone molle, brunie ou vitreuse annonce une pourriture installée, qu’aucun soin ne rattrapera. Un terreau détrempé et une coupelle pleine sont un mauvais signe pour la même raison.

Le trajet compte aussi : une plante qui passe une heure dans une voiture chauffée perd déjà ses fleurs, et quelques minutes sous zéro suffisent à marquer le feuillage. Un papier autour du pot n’est pas une politesse, c’est une protection thermique dans les deux sens.

Questions fréquentes

Peut-on planter au jardin le cyclamen acheté en pot ?

Pas dans la plupart des régions françaises. Le pot fleuri est Cyclamen persicum, décrit comme gélif par la Royal Horticultural Society et par la Cyclamen Society. Des sources françaises lui accordent deux à cinq degrés sous zéro pour les petites formes dites mini-cyclamens, ce qui peut suffire en climat doux et en situation abritée, pas ailleurs. Pour un massif qui doit tenir tout l’hiver, la réponse est C. hederifolium ou C. coum.

Pourquoi les feuilles jaunissent-elles ?

Trois causes, dans cet ordre de fréquence. La chaleur : au-delà de vingt et un degrés, la plante décroche et cesse de faire des boutons. L’excès d’eau versée au cœur : les pétioles brunissent à la base avant que les feuilles ne jaunissent. Le manque d’eau : le feuillage s’affaisse d’un bloc, puis jaunit si l’épisode se répète. Un jaunissement progressif au printemps, en revanche, est simplement l’entrée en repos estival.

Faut-il couper les fleurs fanées ou les tirer ?

On les retire à la base, en pinçant la tige au ras du tubercule et en tirant d’un mouvement sec, avec une légère torsion : le jardin botanique de New York décrit ce geste pour les fleurs fanées comme pour les feuilles jaunes. Couper au sécateur laisse un moignon de tige creuse qui se remplit d’eau et pourrit, et la pourriture gagne le tubercule par là.

Un cyclamen refleurit-il l’année suivante ?

Oui, à condition de respecter le repos estival et de rempoter en fin d’été : le tubercule est vivace et grossit d’année en année. La deuxième floraison est presque toujours moins fournie, non par défaut de soin mais parce que la lumière d’une maison n’a rien de commun avec celle d’une serre. C’est un résultat honnête, pas un échec.

Que faire si le chat a mordu une feuille ?

Appeler un vétérinaire ou un centre antipoison animal, en précisant s’il s’agissait de feuilles ou du tubercule. Les signes attendus après ingestion de feuilles sont digestifs : bave, vomissements, diarrhée. Une ingestion de tubercule est une autre affaire et justifie un appel immédiat, même sans symptôme. Cet article ne remplace ni un avis vétérinaire ni un appel à un centre antipoison.

Peut-on mettre des cyclamens en vase ?

On peut, et cela se pratique pour de très petits bouquets d’automne, mais ce n’est pas une fleur de vase et aucune source consultée ne donne de tenue fiable : les retours se contredisent, entre des fleurs qui tiennent et des fleurs qui s’affaissent en un jour. Le cyclamen reste une plante en pot, dont l’intérêt tient à la succession des boutons.

Ce sur quoi les sources ne s’accordent pas

Le nombre d’espèces du genre. Plants of the World Online et la Pacific Bulb Society annoncent une vingtaine d’espèces, le service horticole de Caroline du Nord vingt-trois, la Cyclamen Society vingt-quatre, l’encyclopédie collaborative anglophone vingt-cinq. L’écart tient au rang accordé à des taxons proches.

La résistance au gel du cyclamen des fleuristes. La Royal Horticultural Society et la Cyclamen Society le déclarent gélif sans nuance. Plusieurs sources françaises annoncent au contraire deux à cinq degrés sous zéro, généralement pour les petites formes. La divergence porte autant sur les cultivars considérés que sur le sens donné au mot « résiste ».

La durée de floraison en pot. L’université Clemson annonce jusqu’à quatre semaines, l’université du Wisconsin jusqu’à trois mois, la Société nationale d’horticulture de France une période d’octobre à janvier ou février. La température de la pièce explique probablement l’essentiel de l’écart, mais aucune source ne le dit.

La profondeur de plantation des espèces rustiques. La Royal Horticultural Society indique trois à cinq centimètres ; la Cyclamen Society environ deux pour la plupart des espèces, cinq pour quelques-unes, jusqu’à quinze en région froide. Les deux préviennent qu’une plantation trop profonde empêche la floraison, sans s’accorder sur le seuil.

La gravité de la toxicité. Le centre antipoison animal de l’ASPCA décrit des accidents graves possibles après ingestion de tubercule, quand le service de Caroline du Nord classe la gravité globale comme faible. En France, la fiche de l’Anses sur les plantes toxiques en cas d’ingestion et la liste des végétaux du Centre Antipoison Animal et Environnemental de l’Ouest ne mentionnent pas le cyclamen — ce qui n’est pas une garantie d’innocuité, mais indique un risque rarement documenté.

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Flore Oger

Flore Oger apprend le métier de fleuriste. Passionnée de botanique, elle partage ici les gestes, le vocabulaire et les coulisses de son apprentissage : comment naît un bouquet, pourquoi telle fleur à telle saison, ce qu'on apprend en atelier et ce qu'on n'apprend qu'en le faisant. Pour les curieux comme pour les futurs professionnels.

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