Quelles fleurs pour la Toussaint ?

Le chrysanthème représente 64 % des végétaux achetés en France pour la Toussaint. Viennent ensuite la pensée, la bruyère et le cyclamen. Mais le vrai critère de choix n’est ni la couleur ni le prix : c’est la tenue au froid. Un chrysanthème forcé en pot, une bruyère du Cap et un cyclamen de Perse gèlent aux premières gelées sérieuses, alors qu’une callune, une Erica carnea et une pensée passent l’hiver sans broncher. Achetez début octobre, choisissez selon l’exposition de la tombe, et sachez lire une étiquette qui, presque toujours, ne dit rien de la rusticité réelle.

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Ce que les Français achètent réellement

Avant de parler de goût, il faut regarder les chiffres, parce qu’ils racontent une histoire assez différente de celle des catalogues. L’étude Kantar menée pour FranceAgriMer et VALHOR sur les données 2024 donne un portrait précis de cet achat : quatre millions de foyers, soit 13,8 % des foyers français, ont acheté des végétaux pour la Toussaint, pour un total de 124,10 millions d’euros. Le budget moyen s’établit à 29,40 € par foyer acheteur, pour 3,6 plantes en moyenne. L’âge moyen de l’acheteur est de 61 ans.

La répartition par espèce est écrasante. Le chrysanthème pèse 64 % des quantités achetées, en hausse de quatre points sur un an. La pensée suit loin derrière avec 12 %, la bruyère avec 9 %, le cyclamen avec 5 %. Tout le reste — hellébores, skimmias, gaulthéries, conifères nains, lierres, compositions diverses — se partage la dizaine de points restants.

EspècePart des quantités achetées (2024)Évolution sur un an
Chrysanthème64 %+4 points
Pensée12 %−1 point
Bruyère9 %+3 points
Cyclamen5 %−1 point
Source : étude Kantar pour FranceAgriMer et VALHOR, données 2024.

Deux autres données méritent l’attention. D’abord le calendrier : 85 % des achats se font en octobre, 15 % seulement en novembre. L’achat précède la visite, il ne l’accompagne pas. Ensuite le lieu : jardinerie et libre-service agricole en tête avec 28 %, grande distribution 25 %, fleuriste 17 %, producteur 16 %. Et 97 % des achats se font sur le lieu de vente, physiquement, devant la plante.

Ce que je retiens de ce tableau, en apprenant le métier : c’est un achat qui se décide en quelques minutes, en octobre, dans une allée de jardinerie, devant des plantes toutes en fleurs. Personne n’a le temps de lire une fiche de culture. D’où l’intérêt de savoir à l’avance ce qu’on regarde.

Le chrysanthème, et pourquoi il occupe toute la place

Le chrysanthème n’est pas devenu la fleur de la Toussaint par hasard, mais pas non plus pour la raison qu’on lit partout. La version courante attribue tout à l’armistice de 1918 et à un appel de Georges Clemenceau invitant les Français à fleurir les tombes des soldats. Cette version est incomplète : les chrysanthèmes apparaissent sur les tombes dès le milieu du XIXe siècle, où ils remplacent la flamme des bougies. L’appel de 1919 amplifie une pratique déjà installée, il ne la crée pas. Et l’attribution elle-même est incertaine : Wikipédia écrit prudemment que Clemenceau « aurait appelé », d’autres sources nomment Poincaré. J’y consacrerai un article à part.

Les raisons horticoles, elles, sont solides. Le chrysanthème des fleuristes fleurit tard, entre septembre et janvier selon les variétés, à un moment où presque rien d’autre ne fleurit. Il se cultive facilement en pot, se transporte sans préparation du sol, se décline en des centaines de coloris et de formes, et supporte le frais et la pluie. Quatre qualités qui tombent exactement au bon moment de l’année.

Les trois formes qu’on croise en jardinerie

Le vocabulaire commercial est flottant, et c’est une des premières choses qui déstabilise quand on apprend. On croise surtout :

  • Le chrysanthème à grosse tête, ou à grandes fleurs : quelques capitules larges, très ronds, portés haut. C’est la forme la plus spectaculaire et la plus fragile.
  • La pomponnette, ou multiflore : une boule dense couverte de dizaines ou de centaines de petites fleurs. C’est la forme la plus vendue.
  • Le chrysanthème simple, en forme de marguerite, avec un cœur bien visible entouré de ligules.
  • À quoi s’ajoutent, plus rarement, les formes travaillées par la sélection asiatique : araignée, frisé, spatulé, quilled.

Voici le point qui m’a le plus surprise. Entre la grosse tête et la multiflore, la différence n’est pas d’abord variétale : elle est de conduite de culture. Le producteur pince un certain nombre de boutons floraux pendant la production. Moins il en laisse, plus les fleurs restantes seront grosses. Il en laisse la plupart, et il obtient une pomponnette. Deux plantes qui n’ont pas l’air d’appartenir à la même espèce peuvent sortir du même lot de jeunes plants.

Autre détail utile en rayon : les potées multicolores ne sont presque jamais une seule plante. Ce sont des compositions de plusieurs plants de couleurs différentes rempotés ensemble.

Sur le mot « pomponnette » lui-même, les sources ne s’accordent pas. Certaines fiches horticoles l’emploient comme synonyme familier du chrysanthème des fleuristes en général, d’autres le réservent strictement à la forme en boule. Il n’y a pas d’usage tranché, et mieux vaut le savoir avant de discuter avec un producteur.

La rusticité, la question que tout le monde pose mal

Cherchez « rusticité du chrysanthème » et vous trouverez, le même jour, sur des sites qui se citent tous entre eux : « très résistant au froid », « résiste jusqu’à −2 °C », « tient jusqu’à −10 °C », « rustique jusqu’à −15 °C ». Les quatre affirmations circulent en parallèle. Elles ne sont pas toutes fausses ; elles ne parlent simplement pas de la même plante.

Trois choses expliquent l’écart :

  1. L’espèce n’est pas la même. Les chrysanthèmes vivaces de jardin — hybrides d’indicum, groupe rubellum aussi appelé marguerite d’automne — passent l’hiver en pleine terre sans protection et sont donnés autour de −15 °C. Le chrysanthème des fleuristes vendu en potée à la Toussaint est autre chose.
  2. Une plante forcée est moins rustique que la même plante cultivée dehors. Une potée de Toussaint a été conduite sous abri, arrosée, fertilisée, poussée à fleurir sur une date précise. Ses tissus sont tendres. La même variété élevée au jardin, endurcie par les nuits fraîches de septembre, encaisse nettement mieux.
  3. Les petites fleurs sont plus résistantes que les grosses. C’est une règle empirique largement partagée dans la profession, et elle se vérifie facilement après une nuit à −4 °C : les grosses têtes s’affaissent en premier.

En pratique, pour une potée de Toussaint achetée en jardinerie, la fourchette réaliste va de −5 °C à −15 °C selon la variété et la conduite. Et l’étiquette ne le précise à peu près jamais. C’est le genre d’information qu’on n’obtient qu’en demandant au producteur — ce qui est un argument, au passage, pour les 16 % d’acheteurs qui passent par lui.

Sur la durée de floraison, le chiffre de quatre à six semaines revient partout. Il correspond à un automne doux. Une gelée franche mi-octobre l’écourte brutalement, une arrière-saison douce la prolonge jusqu’en décembre.

Les quatre autres plantes du rayon

La bruyère : deux plantes très différentes sous un seul mot

C’est le piège le plus coûteux du rayon, et celui sur lequel je me serais fait avoir sans qu’on me prévienne.

La bruyère la plus vendue à cette période s’appelle Erica gracilis. Son nom commercial est d’ailleurs « bruyère de la Toussaint », ce qui n’aide pas à se méfier. Elle est superbe, très dense, couverte de fleurs d’octobre à décembre. Elle vient d’Afrique du Sud. Elle est gélive. Certaines fiches la donnent en péril dès que les nuits descendent sous 5 °C ; toutes s’accordent à dire qu’elle ne passe pas l’hiver dehors dans la plupart des régions françaises. On la trouve d’ailleurs classée en plante d’intérieur.

Les bruyères rustiques, celles qui tiendront, sont ailleurs :

  • La callune (Calluna vulgaris), la bruyère d’été et d’automne, en fleurs de juillet-août à novembre. Rustique, mais plus fine et moins spectaculaire.
  • Erica carnea, la bruyère des neiges ou bruyère carnée, la plus petite. Elle fleurit en hiver, tolère les sols calcaires — ce qui est rare chez les bruyères — mais redoute l’excès d’humidité.
  • Erica × darleyensis, hybride de carnea et d’erigena, à floraison hivernale échelonnée de décembre à avril selon les cultivars.

Un dernier point sur les bruyères, qui vaut d’être connu : les potées bleues, violettes ou jaune vif ne sont pas des variétés. Ce sont des plantes peintes, en entier, feuillage compris. La peinture ne les tue pas et ne leur enlève pas leur rusticité, mais les repousses suivantes reviendront à la couleur naturelle. Si le bleu était le critère d’achat, la déception arrive au printemps.

Le cyclamen : celui qui fleurit est celui qui gèle

Le cyclamen concentre le même paradoxe, en plus net encore. Trois espèces se croisent dans les conversations, et elles ne font pas du tout la même chose.

EspèceFloraisonRusticitéOù on la trouve
Cyclamen persicum (de Perse)Septembre à marsGélifRayon plantes fleuries, grandes fleurs
Cyclamen hederifolium (de Naples)Août à octobreJusqu’à −20 °CRayon vivaces, petits godets
Cyclamen coum (de Cos)Janvier à marsJusqu’à −15 °CRayon vivaces, petits godets

Lisez la colonne « floraison » à la date du 1er novembre. L’hederifolium termine, le coum n’a pas commencé. Le seul cyclamen en pleine fleur ce jour-là est le persicum, c’est-à-dire précisément celui qui ne supportera pas la première gelée. C’est un cas d’école : la plante la plus belle en rayon est la moins adaptée à l’usage.

La distinction visuelle est simple. Grandes fleurs spectaculaires, feuilles largement marbrées d’argent, pot présenté avec un cache-pot ou un ruban : c’est du persicum, à garder à l’abri, entre 10 et 15 °C. Petites fleurs, feuillage plus fin, godet du rayon jardin : c’est un cyclamen rustique, et il tiendra des années.

Un mot de prudence, parce qu’il concerne les visiteurs à quatre pattes : le tubercule du cyclamen est toxique pour l’homme comme pour les chiens et les chats. J’y reviendrai dans un article dédié aux plantes dangereuses, mais l’information a sa place ici.

La pensée, la seule qui traverse vraiment l’hiver

Douze pour cent des achats, et sans doute le meilleur rapport tenue-prix du rayon. La pensée fleurit d’octobre à avril, encaisse la neige et repart après. Elle ne fait pas de volume, elle ne fait pas d’effet en photo, mais elle est encore là en mars quand tout le reste a disparu.

Sa seule exigence est le nettoyage des fleurs fanées, qui relance la floraison. Sur une tombe visitée une fois par saison, c’est une contrainte réelle : la pensée non nettoyée monte en graines et s’épuise. Elle convient donc mieux aux sépultures régulièrement entretenues qu’à celles qu’on fleurit une fois l’an.

Hellébore, skimmia, gaulthérie, lierre

Ces quatre-là ne pèsent presque rien dans les statistiques, et c’est dommage, parce qu’ils répondent bien à la contrainte réelle : tenir longtemps sans qu’on revienne.

L’hellébore, ou rose de Noël, fleurit de novembre à mars selon les espèces et supporte le froid. Elle prospère à l’ombre, ce qui en fait une bonne réponse aux allées de cimetière encaissées entre les monuments. Achetée fin octobre, elle n’est généralement pas encore en fleur : c’est un achat d’anticipation, pas d’effet immédiat.

Le skimmia et la gaulthérie jouent une autre carte : le feuillage persistant et les baies rouges. Petit format, port compact, aucune exigence d’arrosage l’hiver. Attention cependant à un point que les fiches commerciales passent souvent sous silence : comme les bruyères, ce sont des plantes de terre acide. En sol calcaire, elles jaunissent. En pot avec un terreau adapté, le problème ne se pose pas la première année ; en pleine terre sur une sépulture en sol calcaire, il se posera.

Enfin le lierre, les petits conifères, les sédums : pas de fleur, mais du vert toute l’année et une résistance à peu près totale à l’abandon. C’est le choix des familles éloignées géographiquement, et il n’a rien de résigné.

Choisir selon la tombe, pas selon le rayon

Le raisonnement qui donne les meilleurs résultats ne part pas de la plante, il part du lieu. Cinq questions suffisent.

Quelle exposition ? Une allée plein sud, dégagée, à pierre claire, réverbère et sèche vite : chrysanthème, callune, sédum. Une allée nord entre deux monuments hauts, humide et sombre : hellébore, cyclamen rustique, lierre. Placer un cyclamen en plein soleil ou un chrysanthème dans une ombre permanente, c’est perdre trois semaines de floraison.

Y a-t-il un drainage ? C’est la cause de mortalité numéro un et personne n’en parle. Une potée posée dans une soucoupe ou dans un cache-pot fermé, laissée trois semaines sous les pluies de novembre, finit avec les racines dans l’eau. Le tubercule du cyclamen pourrit, la bruyère noircit. Percez, calez la potée sur des cales, ou renoncez au cache-pot.

Qui reviendra arroser ? Si la réponse est « personne avant le printemps », il faut choisir une plante qui vit de la pluie. Le chrysanthème en grosse potée, lui, boit beaucoup et s’assèche vite au vent.

Le vent passe-t-il ? Une potée haute et légère sur une dalle exposée se retrouve couchée à la première bourrasque. Un pot large et bas, ou une jardinière, tient mieux. Certains cimetières exposés justifient à eux seuls le choix d’un format ras.

Quel est le règlement du cimetière ? Les règlements municipaux encadrent parfois les plantations en pleine terre, la taille des jardinières ou l’usage de contenants en verre. Un coup de fil à la mairie évite de voir sa composition retirée.

Dernier paramètre, prosaïque mais décisif : le poids. Une grosse potée de chrysanthème en pot de 25 cm, gorgée d’eau, se porte mal sur cinquante mètres d’allée gravillonnée. L’acheteur moyen a 61 ans. Ce n’est pas un détail.

Et les fleurs coupées ?

Elles restent minoritaires pour la Toussaint, et pour une raison mécanique : dehors, début novembre, un bouquet ne tient que quelques jours. Le vase gèle, le vent renverse, l’eau se trouble. La plante en pot a gagné cette bataille depuis longtemps.

Quand on en pose quand même, trois familles s’en sortent mieux que les autres. Le chrysanthème coupé, d’abord, qui est aussi une excellente fleur de vase et tient facilement deux semaines à l’intérieur — sa mauvaise réputation en bouquet est purement culturelle et n’a rien d’horticole. Les fleurs séchées et stabilisées ensuite : statice, immortelle, hortensia séché, graminées. Elles ne craignent ni le gel ni la sécheresse et gardent leur tenue tout l’hiver. Enfin les branchages et feuillages persistants : eucalyptus, houx, branches de conifère, qui structurent une composition sans dépendre d’une floraison.

Si le bouquet est destiné à la maison plutôt qu’à la sépulture, les règles changent complètement — c’est le sujet d’un autre article.

Les couleurs et ce qu’on leur fait dire

Une contrainte botanique d’abord, qui simplifie le choix : il n’existe pas de chrysanthème bleu. Aucune variété n’en produit naturellement. Tout ce qui est bleu vif en rayon, chrysanthème comme bruyère, est peint.

Pour le reste, la palette réelle va du blanc au bordeaux en passant par tous les jaunes, cuivrés, orangés, roses et violets, avec depuis quelques années des variétés panachées sur un même pétale.

Quant à la symbolique des couleurs, je préfère être franche : les codes du langage des fleurs varient selon les époques, les pays et les auteurs, et les listes qui circulent en ligne se recopient les unes les autres sans citer grand-chose. Le jaune, symbole de longévité dans la tradition chinoise et japonaise, n’a pas du tout la même charge dans certaines lectures françaises. Le blanc domine largement les usages funéraires en France, le cuivré et le bordeaux gagnent du terrain. Au-delà, l’usage local et le goût de la famille pèsent bien plus que n’importe quel dictionnaire.

Quand acheter, et que faire après

Les statistiques disent octobre, et elles ont raison, mais la bonne fenêtre est plus étroite que ça : la première quinzaine d’octobre. Les plants mis en vente à ce moment-là sont jeunes, vigoureux, et portent encore beaucoup de boutons fermés qui s’ouvriront progressivement. Une potée achetée le 30 octobre est déjà à son maximum : elle est plus belle en magasin et fanera plus vite sur la tombe.

Ce qu’il faut regarder avant de payer : un feuillage vert et ferme jusqu’en bas du pot, pas de feuilles jaunes à la base, une motte humide mais non détrempée, des boutons encore fermés en quantité, et l’absence de racines sortant en masse par les trous de drainage.

Et après ? La plupart des potées finissent au compost, ce qui est un gâchis. Trois issues plus intéressantes :

  • Planter au jardin les plantes rustiques — callune, Erica carnea, pensée, hellébore, skimmia — dès la floraison passée, avec un paillage le premier hiver.
  • Tenter le chrysanthème en pleine terre. Rabattre après floraison, pailler généreusement, et accepter que la reprise soit incertaine. Ceux qui repartent forment de belles touffes au bout de deux ou trois ans.
  • Rentrer le cyclamen de Perse et l’Erica gracilis, qui feront de très bonnes plantes d’intérieur dans une pièce fraîche et lumineuse.

Un producteur normand racontait récemment que ses clients reviennent chaque année avec les pots vides de l’année précédente. C’est probablement le geste le plus juste de toute cette saison.

Questions fréquentes

Mon chrysanthème va-t-il geler ?

Cela dépend de la variété et de la façon dont il a été cultivé. Une potée forcée sous abri encaisse souvent mal en dessous de −5 °C ; certaines variétés tiennent jusqu’à −15 °C. Les petites fleurs résistent mieux que les grosses. L’étiquette ne le précise presque jamais, alors demandez au vendeur, et de préférence au producteur.

Ma bruyère achetée à la Toussaint tiendra-t-elle dehors ?

Si c’est une Erica gracilis, la « bruyère de la Toussaint », non : elle est originaire d’Afrique du Sud et ne supporte pas le gel. Si c’est une callune, une Erica carnea ou une Erica × darleyensis, oui, sans difficulté. En cas de doute, le nom botanique figure généralement en petit sur l’étiquette.

Pourquoi ma bruyère bleue a-t-elle changé de couleur ?

Parce qu’elle était peinte. Les bruyères bleues, violettes ou jaune vif sont colorées artificiellement, plante entière. La peinture ne les abîme pas et ne change pas leur rusticité, mais les nouvelles pousses reviennent à la couleur naturelle.

Puis-je laisser mon cyclamen sur la tombe tout l’hiver ?

Seulement s’il s’agit d’un cyclamen rustique, hederifolium ou coum, reconnaissable à ses petites fleurs et à son format godet. Le cyclamen de Perse, celui aux grandes fleurs vendu en plante fleurie, souffre dès que les nuits descendent sous 5 °C et ne survit pas au gel.

Combien de temps dure une potée de chrysanthème ?

Quatre à six semaines dans un automne doux, ce qui couvre confortablement la période. Une gelée franche l’écourte d’un coup ; une arrière-saison clémente peut la prolonger jusqu’en décembre.

Que mettre si personne ne peut revenir arroser ?

Une composition persistante plutôt qu’une potée fleurie : petit conifère ou skimmia pour la structure, callune ou Erica carnea pour la couleur, lierre ou sédum en couvre-sol. L’ensemble vit de la pluie, garde son aspect toute l’année, et n’impose aucune visite d’entretien.

Peut-on offrir des chrysanthèmes hors contexte funéraire ?

Rien ne s’y oppose horticolement, et l’association au deuil est une particularité française et belge. En Australie, le chrysanthème est la fleur de la fête des mères ; aux Pays-Bas, il entre dans les bouquets de mariée. Cela dit, en France, l’usage reste solidement installé : l’intention risque d’être mal comprise.

Flore Oger

Flore Oger apprend le métier de fleuriste. Passionnée de botanique, elle partage ici les gestes, le vocabulaire et les coulisses de son apprentissage : comment naît un bouquet, pourquoi telle fleur à telle saison, ce qu'on apprend en atelier et ce qu'on n'apprend qu'en le faisant. Pour les curieux comme pour les futurs professionnels.

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